La rectocolite hémorragique


La rectocolite hémorragique

La rectocolite hémorragique communément appelée colite ulcéreuse est une maladie inflammatoire chronique intestinale, classée dans les maladies auto- immunes,  elle touche le côlon et le rectum et peut s’accompagner de manifestations extra-intestinales (oculaires, articulaires, cutanées). Son étiologie est méconnue bien qu’une hypothèse génétique y soit impliquée  hypothétiquement. C’est une maladie qui apparait par poussées, qui ne se guérit pas et qui nécessite un traitement médicamenteux à vie. Les  traitements ont pour objectifs de faire durer les rémissions le plus longtemps possible.

Son  diagnostic se fait essentiellement alors d’une coloscopie après  prise de prélèvements et examens cytologiques.

Symptômes

La maladie évolue par poussées inflammatoires de la muqueuse du côlon, qui durent des mois et se répètent  plusieurs fois par an, entrecoupées de période de rémission.

Le diagnostic de la RCH repose sur des examens cliniques et para-cliniques. Les éléments  cliniques regroupent des symptômes  digestifs, observés par une diarrhée sanglante et chronique, les sujets souffrent également d’hémorragie douloureuse accompagnée de glaires mélangée ou pas aux selles, lors de ces poussées sévères , de coliques expulsives, de brulures rectales et d’épreintes ( fausses selles) quant aux manifestations extra-intestinales,  elles sont principalement osteo-articulaires (rhumatisme axial et périphérique) , hépatobiliaires (cholangites sclérosantes primitives), oculaires (uvéites  et conjonctivites) ou cutanées (aphtes, érythèmes noueux, pyoderma gangrenosum).

Sans oublier la fatigue qui se fait ressentir même en dehors des poussées qui s’accompagnent fréquemment d’anémie,  d’amaigrissement et/ou de fièvre.

Diagnostic

La coloscopie montre distinctement un aspect inflammatoire du côlon, allant du rectum et remontant jusqu’en haut de manière continu. La sévérité de la maladie dépend parfois de son extension.

Néanmoins, le diagnostic de la RCH peut être difficile à établir car la maladie peut être étiquetée comme un trouble fonctionnel digestif, intestinal ou une colopathie fonctionnelle. La maladie peut être confondre avec la maladie de Crohn qui pour sa part touche tout le tube digestif. Contrairement à la maladie de Crohn, la RCH ou colite ulcéreuse se limite au gros intestin et au rectum, et ne peut toucher d’autres parties du tube digestif.

Sa prévalence est supérieure  à celle de la maladie de Crohn, chez les occidentaux, elle est estimée entre 9 et 20 cas annuels sur 100 000 personnes et débute chez les jeunes adultes entre 20 et 40 ans. Il existe également  des prédispositions familiales qui mettent en le  facteur génétique. En France, On recense environ 60 000 cas atteints de rectocolite hémorragique, dont 60 % d’hommes.

Les complications sont, à court terme, la formation d’une colectasie  autrement dit une dilatation toxique du côlon ou encore la survenue d’une colite aiguë grave comme il existe après quelques années d’évolution et en cas d’atteinte étendue un risque important  de cancer colorectal

 

Facteurs de risque et facteurs protecteurs

Les causes de cette maladie sont encore en grande partie non déterminées avec exactitude. C’est une maladie auto-immune, ce qui revient à dire que  le système immunitaire s’attaque à ses propres cellules.

Il existe toutefois une prédisposition génétique  qui fait que (20 %) des malades ont un proche souffrant d’une MICI). Le facteur  génétique semble cependant plus en rapport avec la sévérité de la maladie qu’avec le risque de déclenchement

Un autre facteur environnemental cette fois ci, caractérisée par une infection bactérienne digestive qui  joue un rôle dans la survenue d’une cascade inflammatoire non contrôlée.

Le tabagisme aurait une fonction protectrice, aussi semble t il que la  survenue d’une appendicite durant le jeune âge diminue le risque ultérieur de survenue d’une rectocolite. La maladie peut survenir  une grossesse  mais le fait d’allaiter serait tout aussi protecteur

Traitement

Pour les poussées légères à modérées, on administre aux sujets de fortes doses de salicylés (mesalazine). Dans les formes rectales, les suppositoires  sont préférables. Dans les formes plus étendues, une double voie d’administration par  mesalazine et suppositoire est recommandée.

Pour les poussées moyennes ne réagissant pas aux salicylés, l’on préconise des corticoïdes  dont la béclométasone en comprimés qui a l’avantage de n’agir que dans le côlon et est  dépourvu d’effets secondaires.

Pour les poussées moyennes et sévères, on prescrit un autre type de corticoïdes qui est la prednisolone par voie orale ou injectable.

Pour les poussées graves ou en cas d’échec des précédents traitements, le patient devra prendre de la ciclosporine (immunosuppresseur), l’Infliximab ou l’Adalimimab

La chirurgie serait quant à elle utilisée en dernier recours, étant donné que c’est le seul traitement maladie de crohn permettant de “guérir” la maladie