Le cuivre ne connaitra une véritable hausse qu’en 2020


Après une année 2015 catastrophique, 2016 n’a guère été meilleure pour le marché du cuivre. Confortée par un léger rebond enregistré en début d’année, l’industrie du cuivre a attendu un répit, mais en vain. Rien ne s’est passé, ou plutôt, son cours ne cesse d’entamer un chemin baissier. Ce qui a le don de dépiter les investisseurs. Les analystes estiment qu’avec les surplus de production, l’on ne pourrait s’attendre à un réel rebond qu’en 2020.

Le surplus est fatal pour le marché du cuivre

Surplus et baisse, tels sont les mots qui ont caractérisé le marché du cuivre au cours de ces 4 dernières années. Au cours de cette même période, la production cumulée de cuivre a surpassé la demande de plus de 850 000 tonnes. L’excès de 150000 tonnes qui est attendu cette année va faire montrer le chiffre de surplus à 1 million de tonnes sur 5 ans. Il ne s’avère pas futile de noter que le cours du cuivre a atteint en janvier dernier son coût le plus faible en 7 ans, à 4318 dollars, avant de connaître une légère hausse (4800 dollars la tonne). Pour rappel, le prix de la tonne de cuivre trônait dans les 10 000 dollars la tonne en 2011.

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Un possible retour à l’équilibre d’ici trois ans

Les auteurs du rapport annuel Thomson Reuters GFMS et les plus éminents analystes du marché du cuivre prévoient le maintien du cours du cuivre à 4850 dollars/tonne pour cette année 2016. À ces mêmes analystes d’affirmer que « des coupes de production insuffisantes et une croissance réduite de la demande chinoise se conjuguent pour provoquer une baisse des prix, en 2016, pour la cinquième année consécutive ». La demande de cuivre connaît une hausse de 3 % par an. Aussi dès 2018, l’excès de la production devrait baisser à 60.000 tonnes. Le retour à l’équilibre devrait donc se profiler dans les horizons de 2020.

Qu’en est-il du projet d’extension des capacités ?

Les projets d’extensions annoncés en 2016 ont été nombreux!. Et cela, bien que le cours du cuivre n’ait pas encore atteint le seuil de rentabilité. Il faut rappeler qu’en 2015, l’extraction de cuivre dans les principales mines du monde a connu une hausse significative de 3.5 % et a dépassé les 19 millions de tonnes.

Le Pérou demeure en pole position en termes de hausse avec son + 23 % en 2015. Il est, donc, à égalité avec la Mongolie. Le Pérou est donc le troisième producteur mondial de cuivre derrière le Chili et la Chine. Il a réussi à devancer les États-Unis qui peinent à se remettre de la grève de la mine de Cerro Verde. Il y a quelques mois, le Pérou avait augmenté sa production de 70 %. Mais, il a rapidement déchanté en raison des nombreux projets miniers annulés. Ainsi, le pays s’est vu privé d’un investissement de 22 milliards de dollars.

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La situation en Zambie s’est nettement améliorée. Et ce, malgré la chute des matières premières qui a provoqué la suspension des activités de nombreuses mines de cuivre. La Zambie a atteint les objectifs qu’elle s’est fixés soit 110 000 tonnes en 2018. Elle pourrait ainsi, atteindre la septième place en devançant la Russie et le Canada.

Pourquoi le cuivre suscite-t-il autant d’attention ?

Le cuivre n’est autre que le troisième métal le plus utilisé au monde juste après l’aluminium et le fer. Il est aussi l’un des plus anciens métaux à avoir été exploité par l’homme. Ce métal est énormément tributaire de la conjoncture économique mondiale. La variation prix du cuivre au kilo en direct négocié au sein de la LME ou London Metal Exchange en est la preuve.