Les différent figure de style au collège et au lycée, mode d’emploi

21 août 2026

Une figure de style est un procédé qui modifie l’usage courant de la langue pour produire un effet précis sur le lecteur : insister, atténuer, comparer, opposer. Au collège comme au lycée, les programmes de français n’attendent pas une récitation de définitions. Les documents pédagogiques publiés sur Éduscol depuis 2020 insistent sur l’étude des procédés d’écriture en contexte, dans la lecture linéaire et le commentaire, plutôt que sur un catalogue appris par cœur.

Nommer la figure ne suffit pas : la méthode en trois temps

La plupart des fiches de révision listent des figures avec leurs définitions. Cette approche pose un problème concret : dans une copie de brevet ou de bac, repérer une métaphore sans expliquer son effet ne rapporte presque rien.

Les ressources pédagogiques récentes orientées vers la préparation du bac décrivent une méthode en trois temps : citer précisément le passage du texte, nommer la figure, puis expliquer l’effet produit en lien avec la visée de l’auteur. C’est ce troisième temps qui distingue une copie solide d’une copie superficielle.

Par exemple, écrire « l’auteur utilise une hyperbole » dans un commentaire ne dit rien. Écrire « l’hyperbole « mille fois » amplifie la souffrance du personnage et traduit son désespoir » montre que la figure sert le sens du texte. Cette habitude se prend dès la classe de troisième et reste valable jusqu’au bac.

Professeur de français expliquant les figures de style devant un tableau blanc avec une carte mentale dans un lycée moderne

Figures d’analogie : métaphore, comparaison et personnification

Les figures d’analogie créent un lien entre deux réalités pour produire une image. Elles constituent le groupe le plus fréquent dans les textes étudiés au collège et au lycée.

Comparaison et métaphore

La comparaison relie deux éléments par un outil grammatical (comme, tel, semblable à, pareil à). « La terre est bleue comme une orange » (Éluard) utilise « comme » pour rapprocher deux réalités éloignées.

La métaphore supprime cet outil de comparaison. « Cette faucille d’or dans le champ des étoiles » (Hugo) assimile directement le croissant de lune à une faucille. L’absence de mot-outil rend l’image plus dense, plus directe.

La différence entre les deux tient à un seul critère : la présence ou l’absence d’un mot comparatif. Si « comme », « tel » ou « semblable à » apparaît, c’est une comparaison. Sinon, c’est une métaphore.

Personnification et allégorie

La personnification attribue des caractéristiques humaines à un objet, un animal ou une idée abstraite. « La mer gronde » donne à l’océan un comportement humain.

L’allégorie prolonge ce procédé en représentant une idée abstraite sous une forme concrète tout au long d’un passage. La Justice représentée par une femme aux yeux bandés tenant une balance en est l’exemple le plus connu. En cours de français, l’allégorie apparaît souvent dans la poésie et les fables.

Figures d’opposition et d’atténuation au programme du lycée

Les figures d’opposition jouent sur le contraste. Elles sont particulièrement utiles pour analyser les textes argumentatifs et la poésie romantique.

Antithèse et oxymore

L’antithèse oppose deux idées dans une même phrase ou un même passage. « Je vis, je meurs » (Louise Labé) place deux états contraires côte à côte pour exprimer un déchirement intérieur.

L’oxymore va plus loin : il associe deux termes contradictoires dans un même groupe de mots. « Cette obscure clarté » (Corneille) fusionne l’ombre et la lumière. L’effet produit est un choc sémantique qui force le lecteur à chercher un sens au-delà de la contradiction.

Euphémisme et litote

L’euphémisme atténue une réalité jugée trop dure. « Il nous a quittés » remplace « il est mort ». Le procédé adoucit le propos.

La litote dit moins pour suggérer plus. « Va, je ne te hais point » (Chimène dans Le Cid) signifie en réalité « je t’aime ». La différence avec l’euphémisme tient à l’intention : la litote renforce le sens par la négation, tandis que l’euphémisme cherche au contraire à tempérer le propos.

Deux collégiens qui révisent ensemble les figures de style dans une bibliothèque scolaire avec des fiches et des livres ouverts

Figures de répétition et de construction dans l’analyse de texte

Ces figures agissent sur le rythme et la structure de la phrase. Elles sont centrales dans l’analyse des discours et de la poésie.

Anaphore et gradation

L’anaphore répète un mot ou un groupe de mots en début de phrases ou de vers successifs. « Moi président de la République » répété lors d’un débat politique illustre comment ce procédé rhétorique martèle une idée pour la graver dans l’esprit de l’auditeur.

La gradation ordonne des termes selon une intensité croissante ou décroissante. « Va, cours, vole et nous venge » (Corneille) accélère le rythme et traduit l’urgence. Chaque verbe est plus fort que le précédent.

Chiasme et parallélisme

Le chiasme croise les éléments selon un schéma AB/BA. « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger » (Molière) inverse les termes pour créer un effet de symétrie qui renforce le propos.

Le parallélisme, à l’inverse, répète une structure syntaxique identique (AB/AB). Il produit un effet d’équilibre ou d’insistance. Les deux figures se distinguent par l’ordre des éléments, et les confondre dans une copie est une erreur fréquente.

Repérer une figure de style dans un extrait : critères concrets

Face à un texte, la recherche de figures de style gagne à suivre un ordre logique plutôt qu’à scanner le passage au hasard. Trois questions permettent de débroussailler rapidement un extrait :

  • Le texte contient-il une image (rapprochement entre deux réalités) ? Si oui, vérifier la présence d’un outil de comparaison pour distinguer comparaison et métaphore.
  • Un mot, un groupe de mots ou une structure syntaxique se répète-t-il ? Si oui, identifier s’il s’agit d’une anaphore, d’une gradation ou d’un parallélisme en observant la position et l’ordre des termes.
  • Deux termes ou deux idées s’opposent-ils dans la même phrase ? Si oui, déterminer si les mots contradictoires sont dans le même groupe (oxymore) ou dans deux propositions distinctes (antithèse).

Cette grille ne couvre pas toutes les figures, mais elle traite la majorité des procédés demandés au brevet et au bac. L’habitude de chercher d’abord l’image, puis la répétition, puis l’opposition structure l’analyse et évite de tourner en rond devant un texte.

Au-delà du repérage, ce qui compte dans une copie reste toujours le lien entre la figure identifiée et le sens du texte. Un commentaire qui nomme trois figures sans les interpréter vaut moins qu’un commentaire qui en analyse une seule avec précision.

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