12 principes traversent les continents sans jamais s’accorder sur la façon de s’incarner : pourtant, ils dessinent partout la même charpente silencieuse. La théorie des valeurs de Schwartz identifie douze principes fondamentaux communs à l’ensemble des sociétés humaines, indépendamment des cultures ou des croyances. Chaque valeur agit comme un repère dans les choix quotidiens, les priorités et les relations.Des chercheurs en psychologie sociale ont validé cette classification dans plus de 70 pays. Ces valeurs servent aujourd’hui d’outil dans l’éducation, le management et le développement personnel. Les comprendre permet d’anticiper certaines réactions humaines et d’adapter les interactions sociales.
Pourquoi parle-t-on de valeurs universelles ?
Derrière chaque décision qui pèse, il y a des balises invisibles, souvent ignorées, qui dessinent le paysage de l’humain. Les valeurs universelles résultent d’un besoin profond de comprendre ce qui relie les femmes et les hommes, là où croyances et usages changent. Immuables par essence, mais sans cesse transformées par l’histoire, elles se transmettent de génération en génération.
Au cœur de cette réflexion, la psychologie sociale examine ces ressorts communs : respect, justice, liberté, bienveillance. Ces principes traversent frontières et différences, influencent subtilement les gestes du quotidien, guident les chemins suivis et les relations tissées. Ils structurent nos attentes, forment la trame de nos sociétés.
L’espace entre valeurs culturelles et valeurs personnelles se remodèle sans cesse. Chaque individu, confronté à la pression du groupe puisant dans l’héritage collectif, adapte et revisite ses propres repères pour construire sa singularité. Ce jeu d’équilibre façonne des identités vivantes, toujours en mouvement.
Prendre conscience de la structure des valeurs, c’est s’offrir un outil pour naviguer dans l’incertitude. Face aux choix et aux tensions du quotidien, ce cadre éclaire l’horizon, balise la cohabitation entre intérêts privés et aspirations collectives. Cette cartographie des valeurs universelles sert non seulement à mieux lire le monde, mais aussi à mieux se connaître.
La théorie de Schwartz : comprendre les 12 valeurs fondamentales
Le modèle de Schwartz occupe une position centrale dans l’analyse des valeurs universelles. Shalom Schwartz, figure incontournable de la psychologie interculturelle, a esquissé une véritable carte mentale des motivations humaines, consolidée par des études menées auprès de dizaines de milliers de participants sur plusieurs continents.
Chacune des douze valeurs majeures repose sur une motivation-clé. Pour s’y retrouver, Schwartz regroupe ces valeurs en grands ensembles plutôt qu’en catégories figées. Pour éclairer ces regroupements, voici comment ils s’articulent :
- Ouverture au changement : autonomie, stimulation, hédonisme
- Dépassement de soi : universalisme, bienveillance
- Conservation : conformité, tradition, sécurité
- Affirmation de soi : pouvoir, réussite
- Hédonisme (à la frontière entre ouverture et affirmation de soi)
Entre pouvoir et universalisme, entre sécurité et stimulation, ces pôles dessinent une tension féconde. Le modèle Schwartz rend compte des compromis et arbitrages que toute personne réalise face à ses propres contradictions ou à la complexité sociale. Les valeurs universelles mises en perspective par Schwartz ne restent jamais cloisonnées : elles dialoguent, se heurtent ou se renforcent, esquissant une dynamique vivante à l’origine de nos décisions.
Comment découvrir ses propres valeurs grâce aux tests ?
Pour repérer ses valeurs personnelles, il ne suffit pas d’un simple examen de conscience : une démarche guidée peut bouleverser sa vision de soi. Les tests de valeurs, inspirés du travail de Schwartz, invitent à évaluer ce qui motive réellement les choix. Ces questionnaires proposent d’ordonner une série de situations concrètes, révélant ce qui prime ou dérange.
Se prêter à cet exercice, c’est suspendre le regard des autres, s’accorder un espace honnête face à soi-même. Les réponses dessinent un portrait fidèle, parfois surprenant, des ressorts de l’engagement et des freins personnels. L’alignement entre actions et convictions peut ainsi révéler ses aspérités ou ses harmonies.
Les praticiens en développement personnel et les chercheurs en psychologie sociale recommandent une lecture éclairée des résultats : au-delà d’un classement, chaque préférence met en lumière de véritables enjeux, parfois en tension, parfois complémentaires. Cette exploration nourrit des choix de vie plus en accord avec sa propre histoire, qu’il s’agisse de s’affirmer, de coopérer ou d’aider autrui.
Pour aller au bout de la démarche, mieux vaut clarifier les étapes utiles :
- Utiliser différents supports de test (papier, en ligne, accompagnement professionnel) pour croiser les points de vue
- Analyse approfondie des résultats, bien au-delà d’un simple score ou d’un résumé automatique
- Mise à profit de cette prise de conscience pour réorienter certains choix, clarifier ses engagements et mieux comprendre son rapport aux autres
Ressources et pistes pour aller plus loin dans l’exploration des valeurs
Les recherches de Milton Rokeach enrichissent l’analyse et affinent les nuances possibles. Son approche sépare les valeurs terminales (grands objectifs de vie) des valeurs instrumentales (les moyens pour y accéder). Repérer les deux échelons permet de cerner plus précisément quel moteur nous anime, et selon quelles priorités hiérarchisées.
La psychologie positive met à disposition des méthodes spécifiques permettant de clarifier ses attentes profondes. Raconter un souvenir marquant, identifier une expérience fondatrice ou un conflit significatif sont autant de portes d’entrée pour repérer les valeurs morales qui façonnent les réactions. Cette démarche, qu’elle soit menée individuellement ou collectivement, guide vers une cohérence entre parole et acte.
Dans le champ thérapeutique, des approches comme l’ACT (thérapie d’acceptation et d’engagement) ou la logothérapie de Viktor Frankl donnent toute leur place à ce travail sur les valeurs. Pour s’approprier ces réflexions, on peut lister ses priorités, visualiser des arbres décisionnels ou imaginer ses choix dans divers scénarios de vie. Les valeurs telles que justice sociale, égalité ou compétence cessent alors d’être de simples concepts et s’incarnent dans l’action et les relations du quotidien.
Quelques pistes concrètes aident à approfondir ce cheminement :
- Se documenter sur les différents modèles de valeurs utilisés en sciences humaines
- Comparer les conclusions issues de la psychologie sociale à celles du développement personnel
- Échanger et confronter son point de vue avec d’autres parcours ou cultures pour élargir son analyse
À chaque étape, une certitude s’impose : la réflexion sur les valeurs ne se cantonne pas à la sphère de l’intime. Elle irrigue les avancées scientifiques, nourrit les discussions de société et déplace les lignes dans la vie collective. Entre héritage reçu et choix revendiqué, chaque pas compte. Ce socle, silencieux mais présent, reste le plus sûr appui pour traverser les incertitudes et se réinventer.


